04 72 23 01 20

formation@camira.fr

Lundi - Vendredi

8h - 12h / 13h - 17h
(16h le vendredi)

Registre des accidents bénins et registre des premiers soins : obligations, différences et bonnes pratiques

Une coupure superficielle, une brûlure légère ou un malaise sans gravité doivent-ils être consignés dans un registre ? Beaucoup d’employeurs évoquent le « registre de premiers soins », alors que la réglementation prévoit en réalité un dispositif bien précis : le registre des accidents du travail bénins.

 

Ces deux outils poursuivent des objectifs complémentaires, mais ils ne répondent pas aux mêmes règles. Le premier est encadré par le Code de la sécurité sociale, tandis que le second constitue une excellente pratique pour renforcer la prévention des risques professionnels. Découvrez leurs différences, leurs obligations et comment les utiliser pour améliorer durablement la santé et la sécurité au travail.

 

Le registre des accidents du travail bénins : le seul registre prévu par la réglementation

 

Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas, dans le Code du travail, de « registre de premiers soins » obligatoire. En revanche, le Code de la sécurité sociale prévoit un dispositif spécifique : le registre des accidents du travail bénins.

 

Son objectif est de simplifier les démarches administratives lorsqu’un accident du travail est sans gravité. Lorsqu’un salarié est victime d’un accident n’entraînant ni arrêt de travail ni soins médicaux extérieurs, l’employeur peut, sous certaines conditions, inscrire cet événement dans ce registre plutôt que d’effectuer immédiatement une déclaration d’accident du travail auprès de la CPAM. Il s’agit donc d’un dispositif réglementé, répondant à des règles précises de fonctionnement.

 

Quelles sont les conditions pour tenir ce registre ?

 

Toutes les entreprises ne peuvent pas utiliser ce dispositif. Conformément aux articles L.441-4 et D.441-1 du Code de la sécurité sociale, plusieurs conditions doivent être réunies :

 

  • La présence permanente d’un médecin, d’un infirmier diplômé d’État, d’un pharmacien ou d’un Sauveteur Secouriste du Travail (SST) dont les compétences sont à jour ;
  • La mise à disposition d’un local ou d’un espace permettant de dispenser les premiers secours dans de bonnes conditions ;
  • Le respect des obligations relatives au Comité Social et Économique (CSE), lorsqu’il est obligatoire.

 

Depuis le 1er mai 2021, les entreprises remplissant ces conditions n’ont plus à solliciter d’autorisation préalable auprès de la Carsat, de la Cramif ou de la CGSS.

 

Dans quels cas peut-on utiliser le registre des accidents du travail bénins ?

 

Le registre peut être utilisé uniquement lorsque l’accident :

 

  • Survient dans le cadre du travail ;
  • N’entraîne aucun arrêt de travail ;
  • Ne nécessite aucun soin médical extérieur à l’entreprise ;
  • A uniquement donné lieu à des soins de premiers secours.

 

Si l’état du salarié évolue ultérieurement et nécessite finalement un arrêt de travail ou une prise en charge médicale, l’employeur devra effectuer une déclaration d’accident du travail auprès de la CPAM dans les délais réglementaires.

 

Quelles informations doivent être enregistrées ?

 

Chaque accident doit être inscrit dans un délai de 48 heures (hors dimanches et jours fériés).

 

Le registre doit notamment mentionner :

 

  • L’identité du salarié ;
  • La date, l’heure et le lieu de l’accident ;
  • Les circonstances de l’événement ;
  • La nature et la localisation des lésions ;
  • Les soins réalisés ;
  • Le nom et le visa de la personne ayant dispensé les premiers secours ;
  • La signature du salarié concerné.
La présence d'une infirmerie est indispensable pour pouvoir ouvrir un registre des accidents bénins

Les obligations concernant le registre des accidents du travail bénins

 

Quelles sont les obligations à respecter pour l’employeur ?

 

La tenue du registre implique plusieurs obligations pour employeur :

 

  • Renseigner chaque accident dans les délais réglementaires ;
  • Conserver le registre pendant cinq ans ;
  • Le tenir à la disposition des organismes de contrôle ;
  • Déclarer immédiatement l’accident à la CPAM si la situation médicale évolue.

 

Le registre peut être conservé sous format papier ou sous forme dématérialisée, à condition que les informations soient sécurisées et facilement accessibles lors d’un contrôle.

 

Qui peut consulter le registre ?

 

Le registre contient des données relatives à la santé des salariés. Son accès est donc strictement encadré.

 

Peuvent notamment le consulter :

 

  • Les agents de l’Assurance Maladie ;
  • Les ingénieurs-conseils et contrôleurs de sécurité des Carsat ;
  • L’inspection du travail ;
  • Les membres du CSE, lorsqu’il existe ;
  • Le médecin du travail ;
  • Le salarié concerné.

 

Les autres salariés n’ont pas accès à ce document.

 

Le registre des accidents bénins est-il aussi un outil de prévention ?

 

Si le registre des accidents du travail bénins répond à une obligation réglementaire dans les entreprises qui remplissent les conditions, il n’en constitue pas moins un outil de prévention efficace. Ce dernier permet de pointer les situations de travail dangereuses et récurrentes afin de proposer et mettre en œuvre des actions de prévention permettant de les éviter.

 

Ainsi, grâce à une analyse régulière, les préventeurs (ou représentants du personnel au CSE / CSSCT) peuvent conduire à la mise en œuvre d’actions de prévention efficaces. Et qu’en est-il dans les entreprises n’étant pas soumises à la mise en place d’un registre des accidents bénins ?

 

Le registre des premiers soins : un outil de prévention recommandé

 

Le registre des premiers soins est-il obligatoire ?

 

Souvent confondu, le registre de premiers soins relève, quant à lui, d’une démarche volontaire. Aucun texte n’impose sa mise en place. En revanche, il constitue un excellent outil de management de la prévention.

 

L’employeur reste tenu d’organiser les premiers secours adaptés aux risques présents dans l’entreprise et de protéger la santé et la sécurité des travailleurs, conformément à l’article L.4121-1 du Code du travail ainsi qu’aux articles R.4224-14 à R.4224-16. Dans cette logique, de nombreuses entreprises choisissent de mettre en place un registre interne recensant toutes les interventions de premiers secours, qu’elles concernent ou non un accident du travail bénin.

 

Pourquoi mettre en place un registre de premiers soins ?

 

Chaque intervention constitue une source d’informations précieuse. Une succession de coupures au même poste, plusieurs brûlures sur une même machine ou des glissades répétées dans une zone de circulation révèlent souvent des risques insuffisamment maîtrisés.

 

Le registre permet notamment :

 

  • D’assurer la traçabilité des interventions réalisées par les SST ;
  • D’identifier les situations dangereuses récurrentes ;
  • De mesurer l’efficacité des actions de prévention ;
  • D’alimenter le DUERP ;
  • D’améliorer l’organisation des secours.
Le contenu du registre de premiers soins peut être calqué sur celui du registre des accidents bénins

Comment exploiter le registre de premiers soins pour améliorer la prévention ?

 

La valeur du registre réside avant tout dans son analyse. Pris isolément, un incident peut sembler anodin. En revanche, plusieurs événements similaires constituent souvent un signal faible annonçant un risque plus important.

 

Identifier les risques récurrents

 

L’analyse du registre permet de mettre en évidence :

 

  • Des postes particulièrement accidentogènes ;
  • Des outils générant des blessures répétées ;
  • Des zones de circulation dangereuses ;
  • Des comportements à risque ;
  • Des besoins de formation.

 

Ces informations facilitent la mise en œuvre d’actions correctives avant qu’un accident grave ne survienne.

 

Alimenter la démarche globale de prévention

 

Les données du registre peuvent être croisées avec :

 

  • Le DUERP ;
  • Les analyses d’accidents du travail ;
  • Les presque-accidents ;
  • Les visites sécurité ;
  • Les réunions du CSE.

 

Cette approche permet de hiérarchiser les risques et d’orienter les investissements vers les situations les plus critiques.

 

Registre des accidents du travail bénins et registre de premiers soins : quelles différences 

 

Même s’ils sont souvent confondus, ces deux registres répondent à des objectifs distincts.

 

Critère

Registre des accidents du travail bénins

Registre de premiers soins

Base juridique

Code de la sécurité sociale

Aucun texte spécifique

Objectif

Remplacer, sous conditions, la déclaration d’un accident du travail

Suivre les interventions et améliorer la prévention

Caractère obligatoire

Oui, si l’entreprise choisit ce dispositif et remplit les conditions réglementaires

Non

Contenu

Accidents bénins uniquement

Toute intervention de premiers secours

Durée de conservation

5 ans

Libre (une conservation sur plusieurs années est recommandée pour assurer un suivi cohérent)

 

Ces deux outils ne s’opposent pas : ils sont complémentaires. Le premier répond à une exigence réglementaire, tandis que le second contribue à renforcer la culture de prévention de l’entreprise.

Les bonnes pratiques pour faire du registre un véritable outil de management de la prévention

 

Pour être pleinement utile, le registre ne doit pas être considéré comme une simple formalité administrative.

 

Impliquer les acteurs de la prévention

 

La qualité des informations dépend des personnes qui les renseignent. Les Sauveteurs Secouristes du Travail, les managers, les responsables HSE, le CSE et les salariés doivent être sensibilisés à l’importance du signalement des incidents, même lorsqu’ils semblent mineurs.

 

Analyser régulièrement les données

 

Une revue mensuelle ou trimestrielle permet de suivre des indicateurs tels que :

 

  • Le nombre d’interventions ;
  • Les types de blessures ;
  • Les postes concernés ;
  • Les zones les plus accidentogènes ;
  • Les causes les plus fréquentes.

 

Ces analyses facilitent le pilotage de la prévention et permettent d’évaluer l’efficacité des actions engagées.

Transformez chaque intervention en levier de prévention avec Camira

Le suivi des accidents du travail bénins et la mise en place d'un registre de premiers soins ne prennent tout leur sens que lorsqu'ils s'inscrivent dans une véritable démarche de prévention.

FAQ – Registre d'accidents bénins et de premiers soins, les réponses aux questions les plus fréquentes

Le registre des accidents du travail bénins est un dispositif réglementé permettant, sous certaines conditions, de remplacer la déclaration d’un accident du travail auprès de la CPAM. Le registre de premiers soins est un outil interne destiné à assurer la traçabilité des interventions et à renforcer la prévention.

Il n’est pas imposé à toutes les entreprises. En revanche, lorsqu’une entreprise choisit d’y recourir, elle doit respecter les conditions prévues par le Code de la sécurité sociale.

Non. Aucun texte ne rend sa tenue obligatoire. Il constitue toutefois une bonne pratique permettant d’améliorer l’organisation des secours et l’analyse des risques.

Oui. Les entreprises peuvent utiliser un registre numérique, sous réserve d’assurer la sécurité, la conservation et la confidentialité des informations.

Statistiquement, il est certain qu’une situation de travail provoquant régulièrement un premier soin, provoquera un accident plus grave à plus ou moins long terme. Ainsi, analyser la récurrence et les causes des premiers soins permettra de détecter des situations dangereuses précocement pour mieux les éviter. Les registres constituent ainsi un levier efficace d’amélioration continue.

Le registre est généralement rempli par une personne habilitée par l’employeur comme un préventeur, un responsable HSE, un RH ou un membre désigné du personnel (infirmier, SST, chef d’équipe, etc.).

Le registre doit mentionner la date, l’heure, le lieu de l’accident. De plus, l’’identité du salarié concerné doit être inscrite tout comme une description précise de l’accident et des premiers soins prodigués.

Pour une bonne tenue du registre des accidents bénins ou de premiers soins, il est important de ne pas oublier d’information ou de faire des descriptions trop vagues. Les inscriptions tardives ou les non inscriptions sont aussi préjudiciables pour une analyse par l’employeur, les préventeurs ou des représentants du personnel au CSE par exemple.

Partagez :

Table des matières

Plus d'articles

Suivez-nous :

Logo Camira – organisme de formation Lyon & Grenoble

Conseil, expertise – Coaching – Formation
Dans vos locaux
Dans nos locaux en inter-entreprise

Contact