Chaque année en France, des centaines d’entreprises sont confrontées à un incendie. Si certains sinistres sont rapidement maîtrisés, d’autres compromettent durablement les infrastructures, la survie économique de l’entreprise et la santé des salariés. Pourtant, une grande partie de ces situations critiques pourrait être évitée ou atténuée grâce à une prévention maîtrisée, des obligations réglementaires bien appliquées et une formation incendie adaptée des équipes.
Cet article est le premier volet d’un dossier en deux parties, consacré à la sécurité incendie en entreprise. La Partie 1 se concentre sur la prévision du risque incendie, c’est à dire d’avoir les moyens nécessaires pour intervenir rapidement face à un départ de feu (extincteurs, RIA, organisation, formation incendie). La Partie 2, à paraître prochainement, sera dédiée à l’évacuation des locaux, aux rôles des acteurs (guide-file, serre-file) et à l’organisation des exercices incendie. Camira vous aide à faire le point sur les enjeux essentiels de la sécurité incendie et sur les pratiques indispensables pour être prêt en cas d’urgence.
Pourquoi la sécurité incendie en entreprise est un enjeu stratégique ?
Un risque sous-estimé aux conséquences majeures
Selon l’INRS, près de 70 % des entreprises touchées par un incendie majeur cessent définitivement leur activité dans les années qui suivent, une statistique qui illustre l’ampleur des impacts humains, matériels et économiques. Ce risque majeur concerne tous les types d’établissements, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité.
Les incendies entraînent notamment :
- Des risques humains élevés (intoxication aux fumées, brûlures, panique, stress post-traumatique, décès) ;
- Des pertes matérielles importantes (destructions d’équipements, locaux, stocks, biens et archives) ;
- Des conséquences économiques lourdes (interruptions d’activité, perte de production, de clients et parfois faillite de l’entreprise).
Un cadre réglementaire strict à respecter
Face au risque d’incendie, la prévention s’avère essentielle pour protéger les personnes et limiter les dégâts matériels. En ce sens, le Code du travail (art. R4227-1 à R4227-57) impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des personnes en cas d’incendie.
Ces obligations couvrent notamment :
- La prévention du risque incendie,
- L’organisation des évacuations,
- La présence et l’entretien des moyens d’extinction,
- La formation du personnel,
- La signalisation et l’accessibilité des issues,
- La tenue d’un registre de sécurité répertoriant l’ensemble des informations liées aux moyens humains et matériels de lutte contre le feu (plus de détails sur ce sujet viendront dans la partie 2 de l’article).

Intervenir face à un départ de feu : un enjeu clé de la sécurité incendie
Pourquoi agir rapidement ?
La majorité des incendies graves débutent par un feu naissant. Lorsqu’il est détecté et traité rapidement par des salariés formés, il peut être maîtrisé avant de se propager. À l’inverse, une mauvaise réaction (panique, mauvais choix d’extincteur, absence de coordination, etc.) peut aggraver la situation en quelques secondes.
D’où l’importance de :
- Savoir déclencher l’alarme et alerter les secours extérieurs ;
- Analyser rapidement la situation ;
- Utiliser le bon moyen d’extinction, en toute sécurité.
Les obligations liées aux moyens de première intervention
Les entreprises doivent disposer de moyens adaptés à leurs risques, accessibles et opérationnels à tout moment. Cela inclut notamment les extincteurs et, selon les cas, les RIA (Robinets d’Incendie Armés).
Extincteurs et moyens de première intervention : êtes-vous conforme ?
Le nombre, l’emplacement et la maintenance des extincteurs
Les extincteurs jouent un rôle clé dans la lutte contre les débuts d’incendie. Ces derniers doivent être :
- Accessibles,
- En nombre suffisant,
- Adaptés aux risques,
- Signalés,
- Vérifiés annuellement par un professionnel agréé et faire l’objet d’une maintenance plus approfondie tous les 5 à 10 ans (selon l’article MS 38 de l’Arrêté du 25 juin 1980 et norme NF S 61‑919).
La réglementation prévoit au moins un extincteur 6L eau pulvérisée pour une surface de 200 m² ainsi qu’un appareil par niveau.
Bien choisir le type d’extincteur selon les risques présents
Chaque extincteur répond à une classe de feu et spécifique :
- Eau pulvérisée avec additif : feux de classe A et B (papier, bois, textile, carton, liquides inflammables).
- Poudre ABC : feux de classe A, B, C (solides, liquides, gaz inflammables).
- CO₂ : feux de classe B, C et d’origines électriques (liquides inflammables, locaux informatiques, machines, tableaux électriques).
- Poudre D : feux de classe D (métaux combustibles : aluminium, magnésium, sodium).
- Eau avec additif F : feux de classe A, B et F (auxiliaires de cuisson)
- Vermiculite (AVD) ou hydrogel : feux de classe L (batteries lithium-ion).
Une mauvaise utilisation peut être dangereuse : la formation est indispensable pour savoir quand et comment intervenir.

Désenfumage et installations complémentaires : un dispositif vital
Désenfumage naturel ou mécanique : comment choisir ?
Le désenfumage est une obligation dans la plupart des établissements, en particulier ceux recevant du public (ERP) ou ceux présentant des risques spécifiques (locaux industriels, parkings couverts, etc.). Ce dernier est essentiel pour maintenir la visibilité, limiter l’élévation de température, faciliter l’évacuation des personnes et l’intervention des secours.
Deux systèmes de désenfumage existent :
- Naturel : évacuation passive des fumées par des trappes, ouvertures en toiture ou façades ;
- Mécanique : extraction forcée des fumées par ventilateur ou extracteur.
Ces systèmes doivent être conformes à la norme NF EN 12101 et faire l’objet de contrôles périodiques pour s’assurer de leur bon fonctionnement. La périodicité de ces contrôles dépend du type de bâtiment.
Par exemple :
- Pour un bâtiment industriel ou commercial régit par le code du travail, le contrôle doit être fait tous les 6 mois (Art R.4227-39 du code du travail).
- Pour les ERP de 1ere à 4e catégorie, ce contrôle a lieu tous les ans (Art DF10 de l’arrêté du 25 juin 1980 modifié par arrêté du 22 mars 2004)
Enfin, les bâtiments de grande hauteur, ERP et certains locaux industriels sont soumis à des règles spécifiques de désenfumage, définies par le Code de la construction et de l’habilitation et le Code du travail.
Les moyens d’extinction complémentaires
Selon le secteur d’activité, d’autres dispositifs complémentaires peuvent renforcer la sécurité incendie :
- RIA (Robinets d’Incendie Armés) : intervention rapide avec jet d’eau puissant ;
- Colonnes sèches ou humides : alimentation des moyens d’extinction de moyens internes ou des pompiers ;
- Systèmes sprinklers : déclenchement automatique en cas de détection de chaleur ou de fumée ;
- Couvertures anti-feu et sable : conçus pour étouffer les départs de feu localisés.
Ces équipements doivent être accessibles, signalés et entretenus conformément aux prescriptions techniques.
Former les salariés à la lutte contre l’incendie : un facteur décisif
Pourquoi la formation incendie est indispensable ?
Même avec des équipements conformes, une intervention efficace dépend avant tout des compétences humaines. La formation permet de :
- Comprendre le risque incendie ;
- Identifier les risques spécifiques de l’établissement ;
- Analyser la situation ;
- Choisir et utiliser le bon moyen d’extinction ;
- Intervenir en sécurité, seul ou en coordination avec d’autres équipiers.
Une formation adaptée permet d’éviter les erreurs critiques (ouverture d’une porte enfumée, mauvaise utilisation d’un extincteur, retour dans les locaux…).
La formation incendie Camira : apprendre à agir en conditions réelles
Camira propose des formations Incendie-évacuation, conformes aux obligations légales et adaptées aux enjeux des entreprises.
Les objectifs de la formation équipiers incendie/1er témoin/manipulation d’extincteur :
- Connaître le risque incendie,
- Déclencher l’alarme et alerter les secours,
- Identifier les moyens d’intervention disponibles (extincteurs, RIA, organisation interne) ;
- Analyser la situation et choisir le bon moyen d’extinction ;
- Appliquer les étapes d’intervention et se coordonner avec les autres équipiers.
Tous nos formateurs sont experts certifiés, disposant d’expérience terrain en sécurité incendie et prévention des risques professionnels.
Et après ? Cap sur l’évacuation
Cette première partie a mis l’accent sur la prévention incendie et la capacité à intervenir face à un départ de feu. La Partie 2 sera consacrée à un autre pilier fondamental de la sécurité incendie : l’évacuation des locaux, avec un focus sur :
- La stratégie d’évacuation ;
- Le rôle des guides-files et serres-files ;
- L’organisation des exercices incendie.
Formation équipier de 1ère intervention
En résumé : ce qu’il faut retenir
- La sécurité incendie en entreprise repose sur une démarche globale, combinant prévention des risques, respect des obligations réglementaires et formation des salariés ;
- Un incendie peut menacer durablement la pérennité d’une entreprise ;
- Le Code du travail impose des obligations strictes en matière d’évacuation, d’équipements et de consignes ;
- Les extincteurs doivent être en nombre suffisant, adaptés et contrôlés régulièrement ;
- Le désenfumage est efficace pour permettre l’évacuation et l’intervention des secours ;
- La rapidité et la qualité de la réaction face à un départ de feu sont déterminantes ;
- La prévention et formation sont la clé pour limiter les risques et protéger les salariés ;
- La formation incendie avec exercices sur feux réels est un levier essentiel de prévention ;
- Camira accompagne les entreprises avec des formations professionnelles pour apprendre à manipuler les extincteurs et évacuer les locaux.
